SOCIETE

Le spleen du sudiste à Paris à la façon d’un article du monde.

J’ai le sentiment d’avoir atteint le point de non-retour. Paris m’a offert des rencontres incroyables, des amies dignes de ce nom. J’ai travaillé dans des établissements fabuleux, j’ai donné toute mon énergie et ma force dans ces beaux endroits qui véhiculaient toujours de belles âmes. Paris m’a rendue chanceuse, je suis sortie des sentiers battus. J’ai vécu des attentats, des bousculades dans les couloirs de métros, des regards incroyablement hautains, je me suis rendu compte à quel point l’être humain pouvait être méchant, que tout n’était absolument pas rose comme on le croit tendrement quand on est enfant.

A contrario, la première année c’est merveilleux, tout est beau, même le métro, et lorsque je vagabondais d’arrondissement en arrondissement j’avais le sentiment de découvrir une nouvelle ville. J’ai adoré pendant longtemps cette cadence et cette rapidité qu’ont les jours à se suivre et s’enchainer. Le rythme effréné qui fait s’envoler les heures de la journée.

Les musiques que l’on écoute en boucle sont semblables à nos après-midi; rythmés toujours de la même manière et c’est ce qui nous plait au début. Cet anonymat incroyablement bénéfique, parce que tous les possibles existent. Cependant, aujourd’hui je sature.

Tout va beaucoup trop vite et je n’arrive plus à suivre le rythme. Je suis dans ce cercle vicieux incroyable mêlée d’angoisses et de fatigue. Je n’arrive plus à suivre le rythme et je ne veux plus de ce rythme-là.

Au bout de deux ans je me suis surprise un soir au hasard des rues qui défilent lorsque j’étais confortablement installé dans mon super UBER ; à angoisser, paniquer parce que l’allure de la journée s’était éteinte et que le bruit s’était alors amenuisé ; j’ai senti une grande solitude m’envahir a l’idée de rentrer encore seule ce soir-là. C’est là que j’ai compris le sens du mot : insécurité.

Je n’arrive désormais plus à suivre le rythme. Je veux pouvoir avoir le temps de respirer, avoir le temps de penser, et surtout me laisser le temps de penser une chose après une autre et non pas avoir 150 pensées à la minute. J’ai envie d’une vie plus calme, d’une vie plus ordonnée et rythmée avec pour fond le son des oiseaux et de la mer. Paris m’a tout de même appris beaucoup sur moi, sur les autres, et sur la vie en général, mais Paris a oublié de me faire rencontrer le plus important.

Paris a omis de me faire rencontrer l’amour. Alors oui; peut-être que j’ai fait en sorte que rien n’arrive aussi. Trop rythmé, trop occupé à réussir ailleurs. À essayer de parvenir là où mon corps ne voulait plus être mais où mon esprit continuer à s’entêter. Trop chamboulée par des sentiments divers. Trop imprégnée par le système, à vouloir réussir, à finir les fins de mois correctement en n’oubliant pas de profiter de la vie comme il se doit.

A la façon de cet article du monde, je ne sais pas si finalement je serais capable de quitter paris tout de suite, j’ai l’impression de ne pas tout avoir accompli, j’ai le sentiment d’oublier les indispensables, l’évolution, et la passion. Je ne dois pas oublier pourquoi je suis venue ici et je me dois de continuer à avancer dans ce sens-là. Le voyage n’est plus très loin mais laissons le temps de pouvoir le préparer. Tout est très paradoxal, surement un message écrit sur le coup de la fatigue et de la mouvance parisienne.

En attendant, tant qu’il n’y aura pas de main tendue pour m’échapper, et tant que l’écriture n’aura pas sa finalité voulue, je ne partirais pas. Plusieurs mains étaient finalement tendues mais je refusais de les voir, et je n’osais pas crier haut et fort que ma passion était celle de l’écriture, je me suis toujours fait petite quant à cette passion et je me suis toujours dis que ce n’était qu’une lubie bien ancrée et qu’il fallait la taire et la cacher. Jusqu’au jour où mon corps a lâché ; premier malaise, puis un second deux mois plus tard, suivi d’angoisses tardives qui m’empêchaient sur la fin de dormir convenablement, comme si mon corps voulait parler puisque mon esprit s’entêtait à rester là ; dans ce milieu de la restauration comme enfermée vers quelque chose qui ne m’épanouissait plus.

Finalement, étant donné que chaque rencontre n’est jamais due au hasard, toutes celles qui ont précédées mon départ ont été des éléments déclencheur concernant ma prise de décision, une fois prise, les rencontres étaient encore bien plus passionnantes puisque accès à l’écriture. Ma prise de décision est donc entamée, je rentre après 3 ans et demi de gratitude envers paris, je rentre bien plus blanche qu’il n’y parait mais grandie, incroyablement grandie et prête à écrire, la preuve.

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